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Rencontrer la police à Bordeaux

Lors des deux-trois semaines de vacances passées à Bordeaux auprès de mes parents, avec mon partenaire Nino, nous avons eu une expérience toute Française:

Alors que nous marchions dans la rue dans le quartier St-Michel (Bordeaux centre), le mercredi 29 Juillet, en direction de la place Sainte-Croix, une voiture, qui roulait derrière nous à faible allure depuis quelques minutes, s’arrêta, et en sortirent deux individus aux looks (à première vue) et attitudes (démarche rapide et agressive) de quasi-délinquants.

L’un des deux nous dit: ‘contrôle de police!’ et me dit qu’ils vont procéder à une fouille au corps et fouiller dans mon sac. Je lui réponds alors: « Oui, pas de problème… Mais comment je sais que vous êtes vraiment des policiers? Vous n’avez pas une plaque, un papier officiel? » Il me réponds « Je te le montrerai après ». Il nous demande si nous avons « des boulettes ou un couteau » sur nous. Il ajoutes que « ça sera moins grave si vous donnez la boulette tout de suite ».

Il répète sa question à Nino, à qui je traduis en Anglais. Il ajoutes: « Vous êtes sûrs que vous n’avez rien sur vous? » Je réponds « Non, je ne crois pas » tout en touchant instinctivement mes poches. Il me dit alors, visiblement stressé: « Ne palpez pas vos poches! » Puis il se met à fouiller au corps Nino, tandis que son collègue fait de même sur moi.

Je dit alors a son collègue: « ça me semble quand même bizarre: Vous n’avez rien pour prouver que vous êtes policiers, pas même un brassard sur le bras? Je n’y connais rien, mais ça ne m’a pas l’air tout à fait légal » Celui-ci me répond alors, avec un agressivité très prononcée dans la voix et le regard: « Et ça, ça vous suffit pas peut-être? » en me montrant une paire de menottes attachée à sa ceinture.

Les gestes, l’intonation de la voix et l’expression générale du 2ème policier en civil, étaient marqués par une violence potentielle, mais très réellement menaçante. Face à celà, je ne pouvais choisir qu’entre deux attitudes: soit la résistance (sur le mode de l’indignation, ou celui de l’insistance), soit la soumission servile; le mode du rapport équilibré (comme il est courant dans d’autres pays Européens) étant rendu impossible par le comportement du policier. Etant pressés par un rendez-vous et peu enclins à gâcher nos vacances, nous avons adopté principalement la seconde attitude, c’est à dire laisser-faire sans plus insister (je laisse le deuxième policier fouiller mon sac, ils ne trouvent évidemment rien, et nous laissent partir ; tout de même en nous souhaitant une ‘bonne journée’, ce qui est une politesse de dernière minute, mais sans avoir prouvé leur qualité de fonctionnaires de police)… Mais toute personne soucieuse de sa dignité citoyenne, de légalité, ou même simplement du respect des manières, se sentirait, en telle situation, obligée de réagir plus clairement à un comportement aussi inattendu, inutilement agressif et probablement illégal (i.e. ne pas montrer sa carte de police) de la part de représentants de l’Etat (ou plutôt, devrais-je dire, de ‘supposés’ représentants de l’Etat, puisque je n’ai jamais vu leurs cartes de police).

Évidemment, ce petit épisode ne nous a pas nuit beaucoup. Mais il m’a permis, ainsi qu’à mon partenaire Nino, de faire l’expérience directe de la grossièreté ordinaire/quotidienne de la police Française, et de deviner la rpobable véracité des allégations multiples, et en croissance exponentielle sous le règne de Sarkozy, de violences policières gratuites et proprement incendiaires sur le plan social.

Nous sommes deux ‘jeunes’ mais avons eu la chance d’être blancs, très patients, sommes restés extrêmement aimables et dociles. Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde. De nombreux amis Bordelais m’ont conté maintes expériences révoltantes, vécues par eux-même ou leurs amis, ou dont ils on été témoins dans la rue. Et les médias Français, quoique exceptionnellement dociles et non-réflexifs en règle générale, ont également fait état de l’aggravation de la situation depuis quelques années. De plus en plus de simples citoyens se sentent, dans leur propre ville, en situation d’insécurité à cause des violences gratuites de la police Française. Et pour mes amis Européens, qui eux aussi n’ont que de mauvaises expériences avec la police Française, celà confirme que la police Française est l’une des plus exécrables dans l’UE, et devient de plus en plus une caricature d’elle-même en cette première décennie du XXIème siècle… (Je tiens à préciser que les Bordelais et Européens dont je parle ne sont pas des délinquants mais des universitaires, des juristes, entre autres, et aussi bien de ‘gauche’ que de ‘droite’.)

PS: Mis à part cet épisode particulier, les vacances à Bordeaux se sont très bien passées!

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